Pourquoi la transparence est un élément clé ?

Pourquoi la transparence est un élément clé ?
Photo : Crédit photo: infogm.org
2021-04-20

Sur notre vaisseau Terre, il me semble que la transparence est une évolution nécessaire pour construire un équilibre durable et ce dans tous les domaines. Certains acteurs ont déjà fait un premier pas, d’autres devraient suivre.

Un collègue anglais m’avait illustré un exemple de transparence dans le monde politique : il pouvait consulter les notes de frais de ses élus quand il veut, cette information étant rendue publique.

Quant au monde de l’entreprise, certaines ont opté pour la transparence des salaires.

« Si, en Suède ou en Norvège, chacun peut demander à consulter la feuille de paie d’un autre citoyen, en France l’expérience ne fait pas encore beaucoup d’émules.
La loi Pacte contraint les grandes entreprises de plus de 1000 salariés à communiquer la différence entre la rémunération de leurs dirigeants et le salaire médian de leurs employés. Certaines petites entreprises ont délibérément choisi d’adopter cette pratique. »
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Une autre tendance que j’ai détectée est celle des pénuries dans les matières premières en temps de crise comme celle de la COVID-19 où la transparence des prix devient plus que nécessaire sinon gare aux spéculateurs qui fragilisent l’économie.

Sans oublier la nécessité de la transparence et de l’éthique avec l’explosion des données et le recours de plus en plus grand à l’intelligence artificielle et aux algorithmes pour les traiter. Le 8 juin 2018, Google s’engageait à respecter 7 principes éthiques. Moins de trois ans après, le 20 février 2021, une deuxième chercheuse en éthique est renvoyée de Google.

Que s’est-il passé ?

« Les préoccupations sur l’éthique des algorithmes doivent être prises très au sérieux » s’inquiète Lê Nguyên Hoang, ancien speaker de TEDx Saclay 2017 :
Le licenciement par Google de Timnit Gebru, chercheuse de renom en intelligence artificielle, jette une ombre sur les priorités de l’entreprise et suscite de légitimes protestations, souligne, dans une tribune au « Monde », Lê Nguyên Hoang, spécialiste de l’éthique des algorithmes.

Nozha Boujemaa, ancienne Directrice de l’Institut DATAIA (institut convergence spécialisé en sciences des données, intelligence artificielle et société) et speaker de TEDx Saclay en 2018, nous avait bien alerté aussi :
« Aujourd’hui, nous vivons une époque fantastique. Fantastique, par la disponibilité des données, l’ingéniosité des algorithmes et des capacités de calcul. L’humain a le grand privilège, le confort, d’être assisté par les algorithmes, dans différents domaines de la vie privée et de la vie professionnelle.

Citoyens, consommateurs, gardez votre capacité de décision, de questionnement, et ne vous enfermez pas dans ce qui vous est proposé. Sachez que, malgré l’efficacité, les algorithmes pourraient enfermer les uns et les autres dans certains choix qui manquent de diversité et qui manquent de panache. C’est essentiel de garder son libre arbitre, de ne pas diffuser, quand ce n’est pas nécessaire, ses données personnelles, parce que - c’est ce que je disais au début - le profilage guette toutes les données personnelles. C’est également le rôle des chercheurs et des industriels, ceux qui mettent sur pied de nouveaux algorithmes, qui travaillent sur la robustesse, mais qui travaillent aussi sur une nouvelle génération d’algorithmes, qui sont, par construction, éthiques et qui respectent les valeurs de la société. Quand on parle de société, quelles valeurs de société veut-on ?

L’OCDE a également constitué un groupe d’experts. J’ai l’honneur et le privilège de participer aux deux, pour rassembler ces points de vue, pour atterrir sur des valeurs réellement communes et ne pas avoir chacun son référentiel sans que personne ne se parle. L’idée est de partager un modèle de société. C’est aussi le rôle des politiques et des régulateurs, c’est le rôle de l’État, et pas que la France, c’est aussi le rôle des États Européens, c’est pour cela qu’on réfléchit à un niveau beaucoup plus global. Cela ne va pas se faire tout seul. Un grand pas pour l’humanité, pour l’IA de confiance, c’est aussi la traçabilité des services et des algorithmes. »

La saga de la nécessité de la transparence continue jusqu’à nos leaders, la crise de la COVID-19 actuelle les invite à opter pour plus de transparence et de cohérence dans leur processus de décision.

« Donnez beaucoup de contexte, les gens peuvent gérer les bonnes et les mauvaises nouvelles.
Là où les gens luttent, c’est l’incertitude. Garder les gens informés est une clé précieuse en temps de crise. » Simon Sinek

Voici quelques clés partagées par Amy C. Edmondson dans ce talk :

  1. Communiquer avec transparence ;
  2. Agir rapidement en dépit des informations incomplètes ;
  3. Être très transparent sur les principes ;
  4. Déléguer et partager le pouvoir.

« Agir rapidement en dépit des informations incomplètes. Admettre que vous n’avez pas les réponses ne signifie pas qu’il faut éviter d’agir. Bien qu’il soit naturel de vouloir plus d’informations, une action rapide est souvent le seul moyen d’obtenir plus d’informations. Pire encore, l’inaction donne aux gens le sentiment d’être perdu et instable. Quand la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a mis en place un système d’alerte à quatre niveaux très tôt dans la crise de la COVID-19, elle n’avait pas d’informations pour fixer son niveau. Malgré cela, elle n’a pas attendu pour communiquer sur la menace pour le pays. Au début, elle a fixé le niveau à deux, pour le changer à quatre deux jours après à mesure que les cas se multipliaient. Cela a déclenché un confinement national, qui a sans doute sauvé de nombreuses vies. Plus tard, lorsque les cas ont commencé à diminuer, elle a pris des décisions ultérieures en fonction de ces nouvelles informations. »

« Déléguer le pouvoir. L’instinct nous pousse à contrôler encore plus fermement en période de bouleversements, mais cela se retourne contre nous. L’un des moyens les plus efficaces de diriger, même s’il est contre-intuitif, c’est de partager le pouvoir autour de vous. Pour ce faire, il faut demander de l’aide, dire clairement que vous n’y arriverez pas seul. Cela permet aussi de susciter l’innovation tout en donnant du sens aux gens. Rien n’est pire dans une crise que de sentir qu’on ne peut rien faire pour aider. Nous suivons ce nouveau type de dirigeant à travers les bouleversements, car nous avons confiance non pas dans leur carte, mais dans leur boussole. »

Un autre domaine où la tendance des dernières années m’inquiète est celui de la transparence dans nos démocraties car il impacte une valeur que je trouve primordiale : la liberté de choisir.

J’adore cet extrait du talk d’Ivan Krastev sur la démocratie.

« D’une part, personne ne met en doute la démocratie comme meilleure forme de gouvernement. La démocratie est l’unique voie. Le problème est que de nombreuses personnes commencent à croire que cette voie ne vaut pas la peine d’être empruntée. »

« Sur les 30 dernières années, les politologues ont observé que les taux de participation aux élections déclinent constamment. et que les gens les moins intéressés par le vote sont ceux dont vous pensez qu’ils ont le plus à gagner en votant. Je veux parler des chômeurs, des sous-privilégiés. C’est un problème majeur. Car, surtout maintenant avec la crise économique, on peut voir que la confiance en la politique, que la confiance en nos institutions démocratiques, a vraiment été détruite. Selon la dernière enquête réalisée par la Commission Européenne, 89 % des citoyens européens pensent qu’il y a un écart croissant entre l’opinion des responsables politiques et l’opinion du public. Seulement 18 % des Italiens et 15 % des Grecs croient que leur vote compte. En fait, les gens commencent à comprendre qu’ils peuvent changer de gouvernement, mais qu’ils ne peuvent pas changer de politique. »

« La question que je veux poser est la suivante : Comment se fait-il, alors que nous vivons dans des sociétés qui sont plus libres que jamais, que nous avons plus de droits, que nous pouvons voyager plus facilement, que nous avons un meilleur accès à l’information, qu’au même moment, la confiance en nos institutions démocratiques se soit tout simplement effondrée ? En fait, je veux poser la question suivante : Qu’est-il arrivé de bon et de mauvais ces 50 dernières années en matière de démocratie ? »

« La première chose, bien sûr, ce sont ces cinq révolutions qui, d’après moi, ont changé notre façon de vivre et renforcé notre expérience de la démocratie. La première fut la révolution sociale et culturelle de 1968 et des années 70, qui a mis l’individu au centre de la politique. C’était l’heure des Droits de l’Homme. C’était également une grande explosion, une culture de la dissidence, une culture du non-conformisme, qui était encore inconnue jusque-là. Je crois donc que même ces choses-là sont l’héritage de 1968 - pourtant, la plupart d’entre nous n’étaient même pas nés alors. Après cela, il y a eu la révolution du marché dans les années 80. Bien que de nombreuses personnes de gauche cherchent à la détester, c’est en réalité la révolution du marché qui a envoyé le message suivant : « Le gouvernement ne sait pas mieux. » Ainsi, il y a plus de sociétés guidées par le choix. Bien sûr, il y a 1989. La fin du communisme, la fin de la Guerre Froide. Ce fut la naissance de la planète mondialisée. Il y a aussi Internet. Vous n’êtes pas le public auprès duquel je vais prêcher combien Internet a donné du pouvoir aux gens. Ça a changé notre façon de communiquer et notre façon d’observer la politique. La simple idée de communauté politique a complètement changé. Je vais évoquer une autre révolution, celle en matière de sciences du cerveau, qui a totalement changé notre façon de comprendre comment les gens prennent des décisions. »

Oui la saga de la transparence ne fait que commencer et elle est primordiale pour l’équilibre de « Terre, notre vaisseau ».

La transparence est devenue une nécessité dans tous les domaines, et l’équipe TEDx Saclay a opté pour cette valeur en interne et en externe car elle est garante d’un climat de confiance. Et quand une personne se sent en confiance dans un collectif, dans un écosystème ou dans une société, elle retrouve un équilibre et devient une force de proposition et de solutions pour co-construire le monde de demain, un monde durable sur la Terre, notre vaisseau.

Assya Van gysel
La joie en action

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